cimes & sentiers


Découvrez la nature en raquettes cet hiver avec les accompagnateurs en montagne de Cimes&Sentiers.

 

Véritable passionné, Jean-Marie Valentin vous emmènera à travers la poudreuse vers des sites magnifiques.

 

Tout au long de l'année Cimes & Sentiers vous proposent différents types de randonnées. Tous le monde y trouvera son compte notamment grâce aux soirées spéciales (clair de lune, coucher de soleil, St Valentin...).

 

Pour plus d'informations, consultez le site internet de Cimes & Sentiers.


35 ans de pratique de la raquette dans les vosges (complément et suite de l'article paru dans la gazette.

QUENTIN : Bonjour Jean Marie, en 1983 tu as initié mon père à la randonnée en raquettes, il était alors l'un de tes premiers clients à goûter à cette nouvelle pratique peux tu nous raconter cette aventure ?

 

JEAN MARIE : Difficile de parler de nouvelle pratique, il faut plutôt dire mise au goût du jour d'une pratique qui remonte à la nuit des temps... En fait c'est l'arrivée sur le marché de raquettes plus adaptées à la pratique de la randonnée détente, alors que jusque là elles avaient surtout une vocation utilitaire pour se déplacer dans la neige sans s'enfoncer trop profondément, qui a permis ce développement.

Les habitants des pays de neige ont toujours utilisé des engins permettant d'augmenter leur surface portante pour se déplacer et il semblerait que les armées françaises qui combattaient au Canada ont donné le nom à ces engins. Dans les Vosges il faut savoir que de puis sa création le Club Vosgien disposait d'une section raquette, mais l'activité était assez confidentielle, l'armée utilisait également des raquettes pour se déplacer en particulier lorsqu'il fallait porter des charges ce qui n'a pas laissé forcément de bon souvenirs aux pratiquants.

Personnellement j'en suis venu à proposer cette activité parce que j'étais un pratiquant assidu du ski de randonnée et de la montagne hivernale, mais pour faire profiter des paysages et des ambiances d'hiver aux non skieurs il fallait trouver une autre solution. Par ailleurs jeune titulaire du Brevet d'Etat d' Accompagnateur en Montagne, qui à l'époque permettait surtout d'avoir une activité estivale, je souhaitais étendre mon activité sur l'année.

Les raquettes bois et cuir ou bois et lanières de cotons ne me donnant pas satisfaction, j'ai trouvé lors d'un passage au Vieux Campeur à Paris un modèle aluminium réalisé par Jacques BALDAS, mais avec toujours le pied solidaire du tamis, ce qui ne rendait pas la marche aisée. Lors d'un second passage au Vieux Campeur en flânant dans les différentes boutiques, j'ai vu sur le haut d'une armoire un modèle aluminium avec une articulation, j'ai alors demandé a une vendeuse de me le montrer, elle m'a répondu qu'elle ne savait pas a quoi cet engin pouvait servir c'est pour cela qu'il était rangé la haut . En fait j'ai su quelques années après que cette paire était la dix-neuvième d'une pré série de vingt fabriquées par Jacques BALDAS...(Le modèle était particulièrement résistant parce que je l'ai cassé 15 ans après, en 1998 au Kastelberg alors que je faisais découvrir la région à un journaliste de Montagne Magazine).

C'est aussi à cette période que sont apparu différents modèles en plastique.

A partir de là, j'ai acheté un parc d'une dizaine de paires et j'ai commencé a tourner sur différents sites du massif, Gaschney, Schnepfenried, Markstein et Schlucht en proposant mes services surtout durant les congés scolaires. Un jour j'ai été repéré par Bernard KIESGEN et Roger SIGNORELLI, respectivement propriétaire du magasin de locations souvenirs et propriétaire de l'hôtel Le Tétras au Col de la Schlucht. Le premier était intéressé par le développement de l'activité et la location de matériel, le second souhaitait proposer une activité aux non skieurs et par la même occasion accroitre la durée des séjours dans son établissement.

En parallèle, nous étions une dizaine d'Accompagnateurs en Montagne des autres massifs montagneux français à avoir la même démarche. Lors de rencontres professionnelles de ce tout jeune métier nous échangions nos expériences. Nous avons créé le label France Raquettes et j'ai pu participer activement à la création de l'Unité de Formation moyenne montagne enneigée (UF 3) du Brevet d'Etat lors des formations expérimentales mises en place par l'ENSA. Cela m'a valu de devenir le premier professionnel de l'activité dans les Vosges.

A partir de 2003, afin de faire connaitre et démocratiser l'activité, le Syndicat National des Accompagnateurs en Montagne a mis en place les Journées Nationales de la Raquette (JNR).

 

QUENTIN : es ce que tu as tout de suite eu du succès en proposant cette nouveauté ?

 

Jean Marie : ici les débuts n'ont pas été facile, lorsque nous passions en groupe nous faisions facilement l'objet de quolibets de la part de skieurs ou "d'alpinistes". En 1997 Jean Marc Thiebault des DNA publiait un article sur l'activité qui a été suivi de courriers de désapprobations et d'insultes.

Cependant la curiosité et l'intérêt pour cette nouvelle pratique ont fini par l'emporter.

 

QUENTIN : tu te souviens te ta première randonnée avec un groupe ?

 

Jean Marie : ah oui, c'était du costaud, nous sommes partis à 7h du col de la Schlucht un dimanche de janvier direction les Trois Fours, descente au Frankenthal, remontée par le Falimont puis passage par le Schaefferthal, descente vers le lac du Schiessrotried, Fischboedlé, montée au Kastelberg et retour vers la Schlucht vers 17h, avec une superbe neige dans laquelle il était facile de faire une belle trace.

 

QUENTIN : ces dernières années qu'es ce qui a le plus changé ?

 

Jean Marie : le nombre de pratiquants, il n'est pas rare de voir partir 300 à 500 personnes du col de la Schlucht certains dimanche. Quand on arrive dans le secteur du Hohneck en hiver il y a souvent plus de monde qu'un 15 août avec grand beau temps...

Par ailleurs l'enneigement a évolué rapidement ces dernières années, entre 2000 et 2006, il nous arrivait encore de construire un igloo qui pouvait accueillir 15 places assises ou encore un tunnel pour rejoindre le bureau pour ne pas devoir déneiger notre entrée...

et puis les pratiques ont évoluée, avant les gens passaient facilement une journée au col, aujourd'hui ils sont capable en une demi journée de passer du ski à la raquette, du surf au skating, le kite ski est apparu il y a peu, tout va vit, les véhicules sont plus performant, plus de pannes liées au froid...Il y a moins de préparation dans les activités plus de spontanéité, avant on nous appelait tôt le matin pour

connaitre la météo, aujourd'hui il y a des webcams Avant nous assurions une permanence au bureau (l'été également dans le cabanon situé en bas dans la cour de magasin), l'un de nous passait sa journée à renseigner, prendre des inscriptions, distribuer de la documentation... Aujourd'hui c'est fini, tout se fait par internet. Dis toi qu'il y a 25 ans lorsque quelqu'un avait besoin de secours, il devait revenir au col à pied pour donner l'alerte soit à l'aide d' une des deux cabines téléphoniques soit au poste de gendarmerie soit chez nous...

 

QUENTIN : et le réaménagement du col ?

 

Jean Marie : (rires) ça fait 40 ans qu'on m'en parle, j'ai dans mes archives un projet fait Antoine WAECHTER (ancien candidat écologiste à la présidence de la république), donc tu peux imaginer les flots (d'argent) qui sont passés sous les ponts depuis, on verra, tout finit par arriver, mais il me semble quand même disproportionné et je ne pense pas qu'il réponde à l'attente des pratiquants, mais soyons positif ca va donner du travail à des entreprises de la région et mettre du baume au coeur de nos élus...Après 35 ans de fréquentation du lieu, j'ai pu noter l'évolution des visiteurs du site et avec moins de moyens on pourrait faire un truc sympa....A voir...